Premier vol dans les Alpes
Après avoir beaucoup tourné autour des aérodromes dernièrement, il était temps de partir à l’assaut des montagnes! Le programme comporte 2 grands vols dans les Alpes, avec au moins un atterrissage sur un aérodrome à plus de 3000 pieds.
Le but du vol est donc d’apprendre à voler à haute altitude et à travers des espaces réduits, où il peut y avoir pas mal de circulation aérienne.
On commence tout d’abord par bien regarder la météo. Le GAFOR devient dans ce cas indispensable: c’est un schéma représentant les routes standards en Suisse, dont beaucoup à travers les Alpes. Chaque route comporte un indice de difficulté défini par les conditions climatiques.
Ce jour-là, c’était entre “Difficult” et “Open”, et la situation générale prévoyait une amélioration. Ce n’est pas la plus belle journée pour exécuter un tel vol, mais l’avantage est que le vol sera plus “intéressant”, dixit Serge mon instructeur…
En effet, on s’est bien baladé! Le but était de se poser à Ambri, un aérodrome juste derrière le col du St-Gothard. Nous avons commencé à entrer dans la vallée par où descend la Reuss : l’espace se ressert beaucoup, il faut voler à droite, un peu comme quand on roule sur la route. Le flanc droite de la vallée est vraiment près, et je remarque vite qu’il n’est pas facile d’estimer la distance (tout comme avec les nuages). Mais les nuages sont de plus en plus présents, et ne nous laisseront pas monter assez haut pour passer le col.
Il faut faire attention à prendre la décision du demi-tour à temps, car la vallée est de plus en plus étroite, et un virage, même serré, demande un espace considérable qu’on aura peut-être pas à disposition plus tard. Il faut de plus être sûr d’avoir l’altitude requise pour passer le col: il faut savoir que l’avion grimpe de moins en moins bien à cause de la pression qui baisse avec l’altitude. Imaginez être en montée, plein gaz, mais voir le sol qui s’approche de plus en plus en s’approchant du col, sans pouvoir faire demi-tour car vous n’avez pas la place: le cauchemard! C’est d’ailleurs la cause de nombreux accidents d’avions en montagne.
Nous décidons donc de faire demi-tour, et tentons notre chance par le col du Nuffenen: c’est aussi bouché, pas moyen de passer sans se retrouver dans les nuages (je dois légalement toujours avoir le sol en vue!)
Nous finirons par modifier le plan de vol et nous rendre à Berne! C’est le plus grand aéroport sur lequel je me suis posé jusqu’à maintenant: on s’y sent très petit sur la piste qui fait 30 mètres de large! et ce sont des business jets qui se posent avant et après nous…
Finalement, même si nous n’avons pas pu nous poser à Ambri, ce fut un vol très riche en expérience: premier vol en montagne, pas mal de communications radio, modification du plan de vol en vol, visite d’un aéroport de bonne taille,… pfiouu, on a beau être assis dans l’avion, ça demande de l’énergie tout ça!
Le prochain vol est prévu pour ce week-end, et météosuisse annonce vent et neige. Grrrr!


