Parfois, tout est bon dans la panne moteur!
Une chose “qui n’arrive qu’aux autres” m’est arrivé aujourd’hui… Rassurez-vous tout de suite, rien de grave, rien cassé, au final que de l’expérience positive!
Nous avions prévu plusieurs vols, en partant de Buttwil jusqu’à Wangen-Lachen, puis Langenthal, Fricktal-Schupfart et retour Buttwil, tout cela pour commencer à voler un peu autour d’autres aérodromes, la suite logique de ma formation. Le programme était entre autres d’effectuer seul 2-3 circuits en solo à chaque aérodrome.
Le premier vol vers Wangen-Lachen s’est bien passé: la piste est en asphalte, il faut être plus fin à l’atterrissage pour éviter les rebonds, la piste est plus courte qu’à Buttwil, et le lac entoure l’aérodrome sur 3 côtés, mais sinon rien de surhumain ![]()
J’effectue mes circuits autour de l’aérodrome après avoir étudié de près la trajectoire précise à tenir. Tout va bien, j’obtiens même après mon atterrissage un “très beau” de la part de Serge, la classe! ![]()
15h30, nous repartons alors pour l’aérodrome de Langenthal: les checks sont faits, nous sommes alignés sur la piste. Un briefing précède toujours un vol, il permet entres autres de se répéter une dernière fois les choses à faire en cas d’urgence pendant et après le décollage. Dans notre cas, je mets au clair avec Serge qu’une panne moteur juste après le décollage signifie un amérrissage…
Plein gaz, l’avion prend de la vitesse. Mais bizarre, il commence à y avoir de grosses vibrations, tous les instruments se mettent à trembler énormément! Le temps de donner un coup d’oeil à Serge, qui fronce les sourcils, j’interromps immédiatement le décollage: il était clair dans ma tête que je ne tolérerai aucun petit soucis inhabituel concernant le moteur sur cet aérodrome, et ça, c’en était un!
La piste est encore bien assez longue pour nous arrêter à temps, puis nous regagnons le parking pour quelques essais moteurs. Après essais et téléphones avec un mécanicien de Buttwil, il s’avérera que c’est un problème “non-standard”: le mécanicien va venir voir sur place.
“En avion on a fait vite, mais en voiture, combien de temps mettra-t-il à venir tu crois?” demande-je à Serge. “Il vient en avion avec un pilote!” me répond-t-il! Bien-entendu, suis-je bête…
25 minutes plus tard, en effet, un Cessna 182 nous passe au-dessus et se pose avec 2 personnes à son bord: Markus, mon premier instructeur, et le mécano, Dani.
Après démontage des bougies, nous en découvrons deux trempes: apparement de l’huile s’est infiltrée dans la chambre à combustion d’un des cylindres, mais la cause n’est pas claire. Après les avoir changées et fais pas mal d’essais, il est décidé que Markus, le plus expérimenté d’entre nous, raménera l’avion, tous les autres prendront le Cessna 182… avec moi au commandes!
“Ne t’inquiètes pas, je t’assisterai” me dit Serge. On distingue un sourire au coin de mes lèvres à ce moment.
Il est 18h00, le ciel est déjà assez sombre, et la limite officielle pour les vols VFR est 19h00: le temps presse!
L’avion est assez similaire au Cessna 152, il n’y a que quelques instruments qui changent, le cockpit est plus haut, et Serge me transmet les vitesses pour toutes les phases du vol.
Le vol s’est déroulé sans incident, à 3300 pieds pour ne pas avoir la tête dans les nuages. Il faisait presque nuit, des cordes de lumières rouges et blanches s’étirent au sol le long de l’autoroute: les vols de nuit vont êtres un délice pour les yeux!
La piste de Buttwil n’a absolument aucun éclairage, j’ai eu un peu de peine à la cerner! Nous nous sommes posé à 18h30: je n’en revenais pas que l’on aurait pu légalement encore voler 30 minutes, il faisait vraiment sombre!
Quelle journée mes amis! On en retient au final que du positif. Après avoir vécu cette expérience, je suis beaucoup plus “aware”, les histoires de pannes n’apparaissent pas que dans le journal du matin, c’est une réalité qu’il faut toujours avoir à l’esprit, mais sans tomber dans la paranoïa!
Bon vols à tous!



bien explicité c’est genial et encore merci pour toutes ces informations