Premiers atterrissages solo!
Après une “pause” de 2 semaines un peu forcées (mon instructeur est parti en vacances), j’ai eu droit aujourd’hui à un nouvel instructeur, avec lequel je vais certainement terminer ma formation PPL. Il s’appelle Serge et travaille dans la compagnie nationale SWISS. Le courant est tout de suite bien passé, il aime les choses propres et précises, comme moi!
Le programme d’aujourd’hui comportait des virages à forte incidence (45-60°), des décrochages et des entraînements aux circuits d’aérodrome avec touch and go. Oui oui, moi aussi j’étais très enthousiaste en voyant tout ça!
Après un briefing théorique d’environ 30 minutes avec Serge (en germano-anglo-français), décollage sans soucis, le vent est pratiquement absent aujourd’hui. Direction la centrale nucléaire de Gösgen pour nos virages: l’exercice est assez difficile, il faut virer beaucoup plus fort que d’habitude (20-30°), c’est à dire à 45° pour commencer, tout en maintenant l’altitude en tirant sur le manche (un virage provoque une perte de portance, il faut donc compenser) et faire un cercle complet et régulier. C’est la première fois que je ressens aussi fortement l’effet “jte plaque dans ton siège”, une sensation que j’aime! (je crois)
Les difficultés sont multiples: l’horizon est “de travers”, difficile de savoir si on monte ou descend, surtout avec l’accélération du virage qui fausse complètement nos sensations. Le plus important, c’est de *regarder à l’extérieur*, et pas sans arrêt les instrument pour savoir si descend ou pas, car ils ont en fait toujours un peu de retard (je ne vous explique pas maintenant pourquoi, c’est long…). Et après tout, c’est tellement mieux de regarder le paysage défiler!
Donc regarder dehors, et régulièrement checker ses instruments pour voir si on est bon côté incidence et altitude. Un coup à droite, un coup à gauche, ça s’est bien passé, ça vient avec le temps.
Nous sommes ensuite retourné faire quelques circuits et atterrissages: enfin un peu moins de turbulences, j’ai pu entraîner ces approches plus sereinement.
Bon… finalement le vent a des bons côtés aussi, car il m’aidait à abaisser ma vitesse à l’approche finale, chose que j’avais beaucoup de peine à faire aujourd’hui, j’étais souvent trop rapide! Et c’est un vrai problème à Buttwil, car l’approche est plus raide que le standard (~5° au lieu de 3°) à cause de la forêt finissant très proche de la piste. Donc j’essayais d’abaisser ma vitesse à 60 noeuds avec le moteur au ralenti, mais comme la descente est raide, le tachymètre continuait à indiquer environ 67 noeuds…
Les touchés étaient donc un peu brutal car l’arrondi n’était finalement pas si rond que ça! Et la piste m’est également apparue beaucoup plus courte que d’habitude, j’étais sur les freins pour ne pas en sortir au dernier atterrissage!
Ah d’ailleurs lors d’une approche finale, une autre encore trop rapide, Serge me dit “oui, on est trop rapide, ‘my control’ ” (’my control’ veut donc dire que le contrôle de l’avion est entièrement à lui). Il prend donc le contrôle de l’appareil est exécute ce qu’on appelle une glissade, une super manoeuvre que je ne connaissais que dans la théorie. En agissant sur la dérive (la gouverne verticale à l’arrière), il met l’avion en travers, on vole en crabe en quelque sorte, ce qui génère une grosse traînée qui freine l’avion.
Peu avant d’atteindre la piste, il remet l’avion à l’endroit (enfin, vous voyer ce que je veux dire!), et me dit “ok, your control”. Euh oui, c’est un peu chaud comme ça tout de suite de reprendre les commandes dans cette position, mais apparemment c’était pas une question! L’atterrissage était mieux, mais il restait quand même quelques noeuds de trop…


